E-commerce : pourquoi PrestaShop alerte des milliers de boutiques sur un piratage massif
Le monde du commerce en ligne est en émoi après l’envoi d’un courriel d’alerte massif par l’éditeur PrestaShop. Une campagne sophistiquée de « digital skimming » cible actuellement de nombreuses boutiques utilisant cette solution « open source ». En détournant les tunnels de commande pour aspirer les numéros de cartes bleues, les cybercriminels mettent à mal la confiance des acheteurs et la sérénité des commerçants. Voici ce qu’il faut savoir pour protéger votre entreprise ou vos achats en ligne face à cette intrusion invisible mais dévastatrice.
Ce qu'il faut retenir :
- Une menace invisible : le script malveillant ne bloque pas votre site mais remplace vos boutons de paiement par des clones frauduleux pour intercepter les numéros de carte.
- Audit technique immédiat : si vous gérez une boutique, contactez sans attendre votre prestataire pour vérifier l’intégrité de vos fichiers et de vos modules tiers.
- Vigilance des acheteurs : en cas de doute sur l’apparence de la page de commande, ne saisissez aucune donnée et privilégiez un contact direct avec le commerçant.
- Mise à jour et hygiène : cette attaque rappelle l’importance vitale de maintenir votre plateforme et vos thèmes à jour pour corriger les vulnérabilités de sécurité.
Une intrusion invisible au cœur du panier d’achat de PrestaShop
La vigilance est de mise pour les acteurs de la vente en ligne sur Prestashop. Depuis quelques jours, un vent de panique souffle sur la communauté des utilisateurs de ce logiciel de gestion de contenu. Le coupable ? Un script malveillant capable de s’immiscer directement sur la page de paiement. Ce procédé, particulièrement sournois, ne bloque pas la navigation et ne crée pas de bug apparent. Il se contente de modifier l’apparence des éléments interactifs avec lesquels l’internaute interagit pour finaliser sa commande. En lieu et place des connecteurs officiels et sécurisés, des boutons factices apparaissent, agissant comme des siphons de données. Cette technique, bien connue des experts en cybersécurité sous le nom de « skimming », s’adapte ici au monde virtuel pour capturer les informations sensibles à la source, avant même qu’elles ne soient traitées par les banques.
Le mécanisme du « digital skimmer » décrypté
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut s’attarder sur le fonctionnement de ce programme frauduleux. Contrairement à un virus classique qui ralentirait l’ordinateur, cette menace agit comme un miroir déformant. Lorsqu’un visiteur souhaite régler ses achats, le script remplace l’interface habituelle par un formulaire contrefait. Ce dernier ressemble à s’y méprendre aux systèmes de paiement standards, ce qui rend la fraude presque indétectable pour un œil non averti. Une fois les chiffres saisis, ceux-ci sont instantanément détournés vers des serveurs contrôlés par les pirates, laissant la victime et le gérant du site dans l’ignorance totale de l’interception. Ce type d’attaque exploite souvent des vulnérabilités au sein de modules tiers ou de thèmes graphiques qui n’ont pas été mis à jour régulièrement par les propriétaires des boutiques.
Une réaction nécessaire pour les e-commerçants
Face à cette situation critique, l’entreprise éditrice de la solution n’a pas tardé à réagir en envoyant une mise en garde à des centaines de milliers de destinataires. Pour les professionnels qui exploitent cet outil de vente, l’heure est à l’action immédiate. Il ne s’agit plus de simples opérations de maintenance courante, mais d’un audit de sécurité approfondi. Il est impératif de se rapprocher de son agence de développement ou d’un expert technique afin de passer au peigne fin chaque ligne de code ajoutée récemment. Une vérification des fichiers « core » du système ainsi que des dossiers de thèmes s’impose pour débusquer toute trace d’injection. En attendant une confirmation de la part de leurs services techniques, certains administrateurs préfèrent même suspendre temporairement les paiements directs pour privilégier des plateformes déportées, limitant ainsi l’exposition des utilisateurs finaux.
Les clients face au doute lors de leurs achats
Du côté des consommateurs, l’inquiétude est légitime. Comment savoir si le site sur lequel on s’apprête à commander est sain ? Dans ce contexte de crise, la prudence doit primer sur l’impulsion d’achat. Il est conseillé de porter une attention toute particulière aux détails visuels lors de l’étape finale de validation du panier. Un changement brusque de typographie, une URL de redirection inhabituelle ou l’absence de certains éléments de sécurité habituels (comme l’authentification forte via une application bancaire qui ne se déclencherait pas normalement) doivent alerter. Au moindre doute, un bref appel téléphonique au service client du site marchand peut permettre de vérifier l’intégrité de leur système. Les acheteurs ayant récemment effectué des transactions sur des boutiques suspectes sont également invités à surveiller leurs relevés bancaires et, si nécessaire, à faire opposition par mesure de précaution.
L’avenir de la sécurité sur les plateformes « open source »
Cette crise souligne une fois de plus les défis majeurs auxquels sont confrontées les solutions en libre accès. Si la flexibilité de cet outil est un atout pour des millions de petites et moyennes entreprises, elle impose une responsabilité constante en matière de veille technologique. Les cybercriminels profitent souvent du délai entre la découverte d’une faille et l’application du correctif par les usagers. Les équipes techniques de la marque assurent activement enquêter pour remonter à la source de l’attaque et boucher les trous de sécurité. Cette épreuve rappelle l’importance capitale d’une hygiène numérique stricte : mise à jour systématique, utilisation de mots de passe complexes et limitation du nombre de modules installés. La pérennité du commerce en ligne repose sur ce socle de confiance qui, aujourd’hui, est mis à rude épreuve par des réseaux de piratage de plus en plus inventifs.
Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
12 février 2026 et mis à jour le
12 février 2026
Spécialisé en optimisation de site web, audit et corrections des erreurs trop souvent présentes sur les projets clients, je vous accompagne selon vos objectifs et vos besoins.