E-commerce : pourquoi vos produits ont subitement disparu des carrousels Google ?

Si vous gérez une boutique en ligne, vous avez peut-être remarqué une chute suspecte de votre trafic depuis la mi-septembre 2026. Ce n’est ni un bug, ni une pénalité tombée du ciel. Pour se conformer au Digital Markets Act européen, le géant de Mountain View vient d’accorder un coup de balai massif dans ses SERP. En France comme chez nos voisins, les carrousels de produits gratuits ont chuté de 90 à 100 %. Voyons ce qui change concrètement pour votre activité et quelles mesures prendre dès cette semaine pour limiter la casse.

Des sacs en craft avec le logo Google Shopping (Crédit : Alex.I)
Des sacs en craft avec le logo Google Shopping (Crédit : Alex.I)

Un changement brutal dans le paysage de la recherche

Pendant des années, apparaître gratuitement tout en haut de la page de recherche relevait presque de la routine pour beaucoup de marchands. Il suffisait de synchroniser un catalogue propre avec Google Merchant Center pour voir ses articles s’afficher dans des blocs visuels très engageants, juste au-dessus des liens habituels, les carrousels.

Mais entre le 15 et le 18 septembre 2026, le décor a changé du tout au tout. Les outils qui analysent le positionnement des sites ont enregistré un effondrement quasi total des blocs « popular products » en France, en Allemagne, en Belgique ou encore aux Pays-Bas. Du jour au lendemain, des milliers de références ont tout simplement quitté l’écran. Si vous jetez un œil aux pays situés hors de l’Espace économique européen, comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, le format est pourtant toujours bien là. Le découpage ne doit donc rien au hasard.

Les exigences de Bruxelles derrière ce coup de balai

Inutile de chercher une erreur dans votre console d’administration. D’après Search Engine Roundtable, Ginny Marvin (Google Ads Liaison) a indiqué en commentaire LinkedIn que ce retrait s’inscrit dans l’application du Digital Markets Act. Cette réglementation européenne interdit aux grandes plateformes de privilégier leurs propres services au détriment de la concurrence. Le signal le plus solide reste toutefois les données de tracking (Productrise, Semrush) et le nouveau format « Comparison Sites » observé dans les SERP européennes.

Après des mois de discussions et des sanctions financières tombées cet été, le moteur de recherche devait revoir sa copie. Deux options s’offraient à lui : offrir la même visibilité aux plateformes concurrentes ou supprimer son propre module gratuit. C’est la seconde option qui l’a emporté sur le volet shopping. En retirant ce raccourci qui envoyait les internautes directement vers les boutiques sans passer par la case publicitaire, Google s’aligne sur les exigences européennes, même si cela bouscule l’écosystème commercial. Et la date limite de conformité est fixé au vendredi 25 septembre, attendez-vous donc à plus de changements.

La mise en œuvre de la DMA continue de perturber le fonctionnement des produits du quotidien. Pour s’y conformer, nous sommes contraints de supprimer des fonctionnalités de recherche en temps réel très appréciées des Européens – comme l’affichage instantané des prix et la disponibilité immédiate des hôtels, des vols et des restaurants – et de démanteler les protections de sécurité sur Google Play.
Kent Walker

Les comparateurs de prix raflent la mise

La nature a horreur du vide, et les pages de résultats n’échappent pas à la règle. À l’emplacement exact où trônait votre plus belle photo de produit avec son prix, on trouve désormais des blocs dédiés aux sites de comparaison. Des acteurs comme Idealo, Kelkoo ou d’autres plateformes spécialisées occupent aujourd’hui le terrain.

Pour une boutique en ligne, la pilule est parfois difficile à avaler. Vous perdez un canal d’acquisition qui ne vous coûtait rien, tandis qu’un intermédiaire s’intercale entre vous et votre client. Si ce dernier clique sur le comparateur, ce tiers récupère l’attention, et souvent au passage une commission sur la vente à venir. Le levier payant, lui, continue de fonctionner via les annonces Shopping habituelles, mais l’équilibre global de votre trafic s’en trouve nettement fragilisé.

Un impact variable selon votre plateforme e-commerce

Que vous travailliez avec WooCommerce, PrestaShop ou Shopify, dites-vous bien qu’aucune solution technique n’a été épargnée. Le problème ne vient pas de votre CMS, mais de la manière dont votre catalogue est distribué. Cependant, chaque outil a ses petites fragilités face à la crise :

Sur WooCommerce : Le piège vient souvent des extensions secondaires. Un plugin de balisage mal réglé ou un flux désynchronisé envoie vite des données contradictoires sur le stock ou les devises, ce qui vous prive des autres espaces d’affichage.

Sur PrestaShop : La gestion poussée des variations et de la TVA par pays complexifie parfois l’export. Si votre flux Google est mal calibré sur les déclinaisons, vous risquez de vous faire refouler des catalogues partenaires au pire moment.

Sur Shopify : L’intégration avec les outils Google est fluide, mais la gestion des marchés internationaux réserve parfois des surprises. Un prix mal configuré pour la zone euro peut ruiner la cohérence entre votre site et les modules externes.

Isoler les données pour mesurer la vraie perte

Avant de céder à la panique ou de modifier l’intégralité de votre catalogue, prenez le temps de regarder vos chiffres avec précision. Si vous observez une baisse de visites, il faut vérifier d’où elle provient exactement avant de tirer des conclusions hâtives.

Ouvrez vos outils d’analyse comme Google Analytics 4 et la Search Console. Isolez le trafic venant des pages produits d’un côté, et celui issu de Merchant Center ou des campagnes payantes de l’autre. Comparez la semaine écoulée avec la même période le mois dernier. C’est le seul moyen de vérifier si la baisse concerne uniquement ce fameux carrousel ou si votre référencement naturel classique a lui aussi perdu du terrain.

Soigner le contenu de vos fiches pour compenser

Puisque les raccourcis visuels ne jouent plus les rabatteurs, vos pages doivent réapprendre à séduire par elles-mêmes. Une fiche produit simpliste avec trois lignes de texte fournies par le fabricant ne suffira plus pour émerger au milieu des dix liens bleus traditionnels.

Il devient urgent d’enrichir vos contenus. Donnez à chaque référence une vraie personnalité avec un titre clair, une description originale et des détails pratiques utiles. Pensez à ajouter des sections souvent négligées, comme les questions fréquentes sur la livraison, les conseils d’entretien ou la compatibilité par exemple. Plus votre page sera complète et pertinente pour l’internaute, plus elle aura de chances de se maintenir dans les premiers résultats organiques résiduels.

Données structurées et flux : zéro tolérance sur les erreurs

Le balisage de votre site et la santé de votre catalogue deviennent des sujets hautement prioritaires. Même si le carrousel gratuit a disparu, les données structurées permettent toujours à Google de comprendre votre offre et d’afficher des détails comme les notes ou la disponibilité directement sous votre lien textuel.

Faites un test sur un échantillon d’une vingtaine d’adresses avec le logiciel de validation officiel. Vérifiez que votre code transmet des informations exactes sur le prix TTC, la devise, l’état du stock et les codes GTIN. Une discordance entre ce qui est écrit sur la page et ce qui est envoyé dans le code peut vous éliminer des rares affichages enrichis restants, tout en dégradant vos performances sur la partie payante.

Faut-il rejoindre les comparateurs de prix ?

Face à la montée en puissance des modules de comparaison dans les SERP, la question de leur intégration se pose ouvertement. Ignorer ces acteurs revient parfois à laisser un concurrent direct occuper le haut de l’écran à votre place.

Trois options s’offrent à vous. La première consiste à ignorer ces réseaux et à miser à 100 % sur votre contenu et le SEA. La deuxième, c’est de signer un partenariat avec un ou deux comparateurs vraiment leaders sur votre marché pour y figurer en bonne place. Enfin, la troisième option demande un effort rédactionnel : créer vos propres guides d’achat et comparatifs internes pour capturer l’intention de recherche avant que l’internaute ne clique chez un intermédiaire.

Ne basculez pas tout votre budget sur la publicité payante

La tentation est grande de vouloir éponger la perte de trafic gratuit en injectant immédiatement des sommes importantes dans vos campagnes Google Ads ou Performance Max. C’est souvent une réaction précipitée qui coûte cher.

Si votre flux de données comporte des erreurs ou si vos fiches manquent de persuasion, augmenter les enchères ne fera qu’accélérer vos dépenses sans garantir de ventes supplémentaires. Prenez d’abord le temps de corriger la base de votre catalogue. Une fois la structure assainie, vous pourrez réallouer un budget ciblé sur vos meilleures ventes, en observant attentivement la rentabilité de chaque euro dépensé.

Votre feuille de route pour cette semaine

Pour ne pas vous disperser, voici les actions prioritaires à mener dès aujourd’hui sur votre boutique :

  • Inspecter 10 requêtes clés de votre secteur pour observer la nouvelle disposition des résultats.
  • Créer un segment dédié dans vos statistiques pour isoler le trafic produit sur la zone Europe.
  • Tester le balisage structuré d’un échantillon de pages avec l’outil de validation officiel.
  • Vérifier la parfaite concordance des prix et des stocks entre votre site et votre flux Merchant Center.
  • Rédiger ou mettre à jour quelques guides d’achat positionnés sur vos produits phares.
  • Prévenir vos collaborateurs ou votre client qu’il s’agit d’un changement de règle global et non d’un problème technique lié au site.

L’heure d’assainir votre acquisition e-commerce

Cette mise à jour des SERP européennes marque la fin d’une époque où l’on pouvait compter sur une vitrine produit offerte par le moteur de recherche. Mais ce n’est pas la fin du référencement pour autant. Les commerçants qui tireront leur épingle du jeu dans les mois à venir sont ceux qui accepteront de travailler la qualité globale de leur site : des fiches riches, un balisage irréprochable et une présence intelligente sur les canaux de comparaison.

Ce qu'il faut retenir :

  • Effondrement des carrousels gratuits : Sous la pression du DMA européen, Google a retiré ses blocs « popular products » dans l’EEE, provoquant une perte brutale de visibilité directe pour les catalogues e-commerce.
  • Redistribution des cartes vers les comparateurs : L’espace libéré est désormais occupé par les modules de sites de comparaison (CSS), ce qui intercale de nouveaux intermédiaires rémunérés entre votre boutique et vos clients.
  • Priorité à l’assainissement technique : L’urgence n’est pas de changer de CMS, mais d’auditer vos données structurées schema, de fiabiliser votre flux Merchant Center et d’enrichir vos fiches produits.
  • Stratégie d’acquisition à rééquilibrer : Ne basculez pas aveuglément tout votre budget sur le paid ; misez sur des guides d’achat à forte valeur ajoutée et définissez une position claire face aux comparateurs.
Thierry Chabot

Auteur : Thierry Chabot
Article publié le 22 septembre 2026 et mis à jour le 22 septembre 2026
Spécialisé en optimisation de site web, audit et corrections des erreurs trop souvent présentes sur les projets clients, je vous accompagne selon vos objectifs et vos besoins.

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